Bilan Prévention kiné : ce qui change au 1er octobre 2026
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Depuis le 1er octobre 2026, les masseurs-kinésithérapeutes peuvent réaliser des Bilans Prévention. L'arrêté du 28 juillet 2026, publié au Journal officiel le 2 août, les ajoute à la liste des effecteurs du dispositif Mon Bilan Prévention, jusque-là réservé aux médecins, aux infirmiers, aux pharmaciens et aux sages-femmes. (1) Le bilan prévention kiné se facture 30 € en métropole, il est pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie, et il se tient en dehors de toute séance de rééducation. Voici ce que le dispositif attend de vous, et comment vous y déclarer.
Ce que l'arrêté du 28 juillet 2026 change
Le texte porte un titre peu engageant, « arrêté relatif aux effecteurs, au contenu et aux modalités de tarification des rendez-vous de prévention », mais il fait une seule chose qui compte pour la profession : il ouvre le dispositif à une cinquième catégorie de professionnels de santé. (1)
La participation reste volontaire. Aucun kiné n'est tenu de proposer des Bilans Prévention, et rien n'oblige à en faire un volume donné. C'est un acte de prévention, pas un acte de soins : il ne se substitue à aucune prise en charge et ne se cote pas comme une séance.
Point | Avant le 1er octobre 2026 | Depuis le 1er octobre 2026 |
|---|---|---|
Effecteurs | Médecin, infirmier, pharmacien, sage-femme | Les quatre précédents et le masseur-kinésithérapeute |
Tarif | 30 € en métropole, 31,50 € dans les DROM | Inchangé, sans dépassement d'honoraires |
Prise en charge | 100 % Assurance Maladie | Inchangée, aucune avance de frais pour le patient |
Âges concernés | 18-25, 45-50, 60-65, 70-75 ans | Inchangés |
Livrable | Plan Personnalisé de Prévention | Inchangé, transmis au médecin traitant |
Un seul acte complémentaire reste facturable en sus du bilan, et seulement dans les situations prévues par l'arrêté, variables selon la profession. La règle de fond n'a pas changé : la facturation d'un acte en plus ne doit pas être systématique. (1)
Qui peut bénéficier d'un Bilan Prévention, et à quel âge ?
Le dispositif cible quatre âges clés de la vie : 18 à 25 ans, 45 à 50 ans, 60 à 65 ans et 70 à 75 ans. Les bornes inférieures et supérieures sont incluses. À chaque entrée dans une tranche, la personne peut bénéficier d'un nouveau bilan, et d'un seul, quel que soit le professionnel qui le réalise. (2)
Un point mérite d'être posé clairement, parce qu'il détermine la conduite à tenir en consultation : le Bilan Prévention n'est pas prévu pour répondre à un besoin de soins identifié. Si un besoin de soins est suspecté, ou si un examen clinique que le bilan ne permet pas d'intégrer s'avère nécessaire, la personne doit être orientée vers son médecin ou vers un médecin. (2) Les personnes symptomatiques, elles, consultent en priorité dans leur parcours habituel.
Les préoccupations en santé ne se hiérarchisent pas de la même façon d'une tranche à l'autre. Le ministère a documenté celles qui remontent le plus dans chaque groupe d'âge.
Tranche d'âge | Priorités les plus citées |
|---|---|
18-25 ans | Bien-être mental et sommeil, alimentation plus équilibrée, maîtrise de l'alcool et du tabac, reprise d'activité physique |
45-50 ans | Activité physique, alimentation, sommeil, gestion du stress en environnement professionnel, dépistage des maladies cardiovasculaires et des cancers |
60-65 ans | Activité physique adaptée à la condition physique et à l'état de santé, alimentation, sommeil, dépistages, maladies neurodégénératives |
70-75 ans | Les mêmes sujets, auxquels s'ajoutent l'isolement, les antécédents de chute, l'ostéoporose et les troubles de la mémoire |
L'activité physique et la sédentarité apparaissent dans les quatre tranches. C'est le seul sujet dans ce cas, avec l'alimentation et le dépistage des cancers. (2)
Comment se déroule le bilan, étape par étape
L'autoquestionnaire, en amont
La personne est invitée à remplir un autoquestionnaire avant le rendez-vous, sur Mon espace santé. Une quarantaine de questions à choix multiples, aucune connaissance médicale requise, aucune question obligatoire, et moins de dix minutes pour le remplir.
Pour télécharger l'autoquestionnaire par tranches d'âges :
Cet autoquestionnaire est facultatif. Il change pourtant beaucoup de choses en pratique : sa restitution vous donne d'entrée les habitudes de vie de la personne, ce qui évite de consacrer un tiers de l'entretien à les reconstituer. Une version papier existe, mais elle ne produit pas de restitution.
L'entretien, 30 à 45 minutes
Le temps prévu est de 30 à 45 minutes, en dehors de toute séance. La première partie sert au repérage des risques individuels et à la priorisation des sujets à traiter : antécédents personnels et familiaux, habitudes de vie, addictions, bien-être mental et social, santé sexuelle, santé environnementale, accès aux droits. Une fiche d'aide au repérage, propre à chaque tranche d'âge, est mise à disposition pour structurer ce temps. (2)
Un examen simple peut s'y greffer, par exemple la mesure de la pression artérielle. Elle se réalise alors dans les conditions préconisées par la Haute Autorité de santé : appareil au bras électronique et validé, au moins deux mesures, mesure aux deux bras la première fois, patient assis ou allongé au repos depuis 3 à 5 minutes, dans le calme et sans parler, avec recherche d'hypotension orthostatique après 1 et 3 minutes en position debout. (5)
Le Plan Personnalisé de Prévention
L'entretien aboutit à un document unique, le Plan Personnalisé de Prévention, rédigé avec la personne et non pour elle. Il tient sur une page et comporte cinq blocs : les priorités en santé, les freins rencontrés, les conseils et modalités pratiques, les ressources et intervenants, les modalités de suivi. (2)
Ce plan est versé au dossier médical partagé de la personne et transmis à son médecin traitant, avec son accord, par messagerie sécurisée de santé ou par dépôt dans Mon espace santé. Le médecin traitant reste en charge du suivi et de l'adaptation du plan. En l'absence de médecin traitant, le professionnel peut signaler la situation à la CPAM, toujours avec l'accord de la personne. (2)
Le ministère insiste sur la posture, et ce n'est pas un détail de forme : l'accompagnement doit être bienveillant, non culpabilisant et sans jugement. Les outils recommandés sont ceux de l'approche motivationnelle, entretien motivationnel de Miller et Rollnick, stades du changement, balance décisionnelle. (2) Beaucoup de kinés les pratiquent déjà sans les nommer.
L'équipe Andrew® vous a préparé une version à imprimer directement avec un mémo pour vous faciliter la tâche au cabinet :
Se déclarer effecteur sur sante.fr
La déclaration se fait en quatre étapes, sur l'espace réservé aux professionnels de Santé.fr. (2)
Se connecter sur sante.fr avec sa carte CPS ou son e-CPS.
Sélectionner « Bilan prévention » sur la page d'accueil.
Renseigner les informations pour chacun de ses lieux d'exercice : réalisation de bilans, âges pris en charge, accueil de nouveaux patients dans ce cadre.
Vérifier les informations affichées sur sa fiche.
Vous pouvez y déclarer un lien de prise de rendez-vous en ligne, à condition qu'il respecte le format https://www.monsite.fr. Comptez un délai de plusieurs semaines avant la mise en ligne de ces informations sur votre fiche. Une fois la déclaration active, vous apparaissez dans l'annuaire public des professionnels habilités à réaliser des Bilans Prévention. (6)
Pourquoi les kinés arrivent avec une longueur d'avance ?
L'ouverture du dispositif à la profession n'est pas un hasard de calendrier. Sur les thématiques que le bilan impose de couvrir, une bonne partie relève de ce que les kinés font tous les jours.
Thématique du bilan | Ce que le kiné apporte |
|---|---|
Activité physique et sédentarité | Évaluation des capacités, prescription d'exercices dosés et progressifs, lever des peurs liées au mouvement |
Prévention de la perte d'autonomie et chutes | Repérage des antécédents de chute, travail de l'équilibre et de la force, adaptation du domicile |
Maladies chroniques | Réentraînement à l'effort, éducation thérapeutique, autonomisation du patient sur le long terme |
Bien-être mental et sommeil | Effet documenté de l'activité physique régulière, repérage des situations d'isolement |
Il y a un second atout, moins visible dans les textes. Un kiné voit son patient dix, vingt, parfois trente fois sur un épisode de soins. L'alliance thérapeutique existe déjà quand le bilan commence, et c'est précisément ce que l'approche motivationnelle demande de construire. Là où d'autres effecteurs partent d'une relation à créer, le kiné part d'une relation installée.
Organiser le bilan dans son cabinet
Trois questions pratiques se posent avant le premier rendez-vous. Où placer un créneau de 30 à 45 minutes qui n'est pas une séance. Comment produire le Plan Personnalisé de Prévention sans y passer une demi-heure de plus. Et sur quoi s'appuyer pour la partie conseils, une fois les priorités posées avec la personne.
Sur ce dernier point, la difficulté n'est pas de connaître les recommandations, elle est de laisser au patient quelque chose d'exploitable en sortant du cabinet. Un logiciel de prescription d'exercices comme Andrew® permet de convertir les priorités du plan en un programme que la personne retrouve sur son téléphone, avec des rappels, des contenus d'éducation thérapeutique et de prévention à programmer sur plusieurs semaines, et un suivi de ce qui a réellement été fait. Le bilan cesse alors d'être un entretien sans suite. Pour voir comment d'autres cabinets s'organisent, vous pouvez demander une démo gratuite. Si vous en êtes encore à comparer les outils, notre comparatif des logiciels kiné 2026 détaille ce que chacun couvre réellement.
Reste la question du modèle économique. À 30 € pour 30 à 45 minutes, le Bilan Prévention ne se pense pas comme un acte rentable à l'unité, mais comme une porte d'entrée : il fait venir au cabinet des personnes qui ne consultent pas, et il ouvre naturellement sur un accompagnement au long cours. Les cabinets qui ont déjà structuré une activité hors nomenclature sont les mieux placés pour en tirer quelque chose.
Les points qui restent à vérifier
Deux zones d'ombre subsistent, et mieux vaut le savoir avant la première facturation.
Le code de facturation propre au masseur-kinésithérapeute n'est pas encore documenté sur l'espace professionnel de l'Assurance Maladie. Plusieurs publications reprennent un code emprunté à une autre profession : ne vous y fiez pas. Vérifiez le code exact dans votre logiciel de facturation et sur ameli avant de facturer votre premier bilan. C'est aussi le bon moment pour contrôler que votre logiciel applique bien les cotations NGAP à jour.
Les règles de non-cumul avec les actes de rééducation le même jour méritent la même vigilance. Le principe posé par l'arrêté est clair, un seul acte complémentaire facturable et pas de dépassement, mais son application au quotidien du kiné n'est pas détaillée. En cas de doute, la question se pose à sa caisse plutôt qu'à un confrère.
Trois dates à retenir
Le 28 juillet 2026, signature de l'arrêté. Le 2 août 2026, publication au Journal officiel. Le 1er octobre 2026, entrée en vigueur pour les masseurs-kinésithérapeutes.
Le reste dépend de vous : une déclaration sur sante.fr, un créneau dans l'agenda, et une façon de faire vivre le plan après le rendez-vous. Si vous voulez en discuter avec quelqu'un qui outille déjà des cabinets sur la prévention, échangez avec l'équipe Andrew®. Et pour situer ce nouvel acte dans l'ensemble de vos revenus, notre guide des revalorisations tarifaires 2026 reprend le détail des évolutions de l'année.
Sources de l'article
Questions-réponses courantes à ce sujet :
Un masseur-kinésithérapeute peut-il facturer un Bilan Prévention ?
Oui, depuis le 1er octobre 2026. L'arrêté du 28 juillet 2026, publié au Journal officiel le 2 août, ajoute les masseurs-kinésithérapeutes aux effecteurs du dispositif Mon Bilan Prévention. La participation est volontaire et suppose de s'être déclaré effecteur sur l'espace professionnel de Santé.fr, avec sa carte CPS ou son e-CPS. Le bilan se tient en dehors de toute séance de rééducation.
Quel est le tarif d'un Bilan Prévention pour un kiné ?
Qui a droit à Mon Bilan Prévention ?
Combien de temps dure un Bilan Prévention ?
Faut-il une formation particulière pour réaliser un Bilan Prévention ?
Le Bilan Prévention remplace-t-il le bilan diagnostic kinésithérapique ?





